Mucoviscidose

Écrit par les experts Ooreka

Parmi les maladies des poumons les plus connues, on compte notamment la pneumonie, la pleurésie ou l'embolie pulmonaire. Mais il en existe une classée dans les maladies rares : la mucoviscidose.

Mucoviscidose : une maladie des poumons rare

Bien que la mucoviscidose (ou fibrose kystique) soit une maladie des poumons rare (on parle de maladie orpheline), elle reste l'une des maladies génétiques héréditaires parmi les plus fréquentes. En effet, elle concerne chaque année 200 nouveau-nés rien qu'en France (un enfant sur 4 250) et environ 6 500 personnes vivent aujourd'hui avec cette maladie. Plus de 50 % des malades sont âgés de plus de 18 ans.

Cette pneumopathie évolue de la manière suivante :

  • Elle entraîne une déshydratation des tissus touchés, à savoir les intestins et surtout les poumons (cela est dû à une mutation du gène codant la protéine CFTR qui permet le passage de l'eau à travers les tissus).
  • En réponse à cette déshydratation excessive, l'organisme va réagir en entraînant une surproduction de mucus.
  • Le mucus va emprisonner les bactéries, ce qui favorise la survenue d'infections et d'inflammations responsables, à terme, du décès du patient.

Cette maladie des poumons est systématiquement mortelle. Même si l'espérance de vie des malades est passée de 7 ans en 1965 à une cinquantaine d'années aujourd'hui, elle ne peut toujours pas être définitivement soignée.

Symptômes de la mucoviscidose

La mucoviscidose fait son apparition dès l'enfance. Elle se traduit initialement par des troubles digestifs (intestinaux) et des atteintes pulmonaires.

Par la suite, au début de l'adolescence, des troubles hépatiques (deuxième cause de décès après les atteintes pulmonaires) et des troubles pancréatiques surviennent, accompagnés d'un diabète notamment.

Traitement de la mucoviscidose

Le traitement de la mucoviscidose ne permet pas de soigner la maladie, mais de retarder la mort des patients. Il s'agit d'une prise en charge extrêmement contraignante, car très lourde et difficile à vivre aussi bien pour le patient que pour son entourage. En effet, chaque jour, les patients doivent :

  • prendre des médicaments ;
  • aspirer des aérosols ;
  • suivre des séances de kinésithérapie respiratoire, etc.

L'ensemble de ces traitements nécessite 2 à 3 heures de soins chaque jour. En cas de surinfection, ce qui n'est pas rare, les séances de traitements quotidiennes peuvent durer 6 heures. Il s'agit de lutter contre les infections afin d'éviter des complications fatales.

Une autre solution existe : la transplantation pulmonaire, soit une greffe de poumons. Néanmoins, seuls 15 % des poumons prélevés sont greffés, soit environ 100 chaque année, sachant que le tissu pulmonaire est particulièrement fragile.

Recherches sur la mucoviscidose

La recherche pour traiter la mucoviscidose est parmi l'une des plus actives au sein des maladies rares. Voici les résultats les plus probants obtenus sur cette maladie :

  • Les importants moyens mis en œuvre donnent des résultats puisqu'un médicament a récemment vu le jour : le VX 770 du laboratoire américain Vertex qui donne de très bons résultats. Malheureusement, ce traitement ne concerne que 1 à 4 % des patients, ceux qui sont atteints par une forme spéciale de mucoviscidose (l'une des 2 000 mutations possibles), et non les 70 % de malades victimes de la mutation ΔF508.
  • Par ailleurs, un nouveau traitement par voie orale a également vu le jour ces dernières années : l'Ivacaftor. Ce médicament permet une amélioration durable des fonctions pulmonaires tout en améliorant les symptômes annexes. Là encore, ce traitement ne concerne que des patients porteurs d'une mutation rare (mutation G551D) qui ne touche que 5 % des malades.
  • Également, une équipe française a récemment découvert quelles molécules agissaient sur la protéine CFTR (Cystic fibrosis transmembrane conductance regulator). En les modifiant, les chercheurs sont parvenus à refaire fonctionner correctement la protéine qui a de nouveau permis le passage de l'eau à travers les tissus. Ces avancées pourraient donc prochainement déboucher sur un nouveau traitement médicamenteux associant l'ivacaftor (potentiateur de CFTR), Kalydeco, au lumacaftor, un correcteur de CFTR, (Orkambi).
  • Deux autres études prometteuses arrivent à leur terme. Elles concernent l'association de l'ivacaftor avec le tezacaftor (un nouveau correcteur de CFTR) et elles ont permis de démontrer son efficacité et sa bonne tolérance chez les patients porteurs de la mutation F508del.
  • De nombreuses autres molécules sont également testées :
    • nouveaux potentiateurs et correcteurs ;
    • molécules repositionnées (utilisées pour d'autres pathologies, mais pouvant se révéler efficaces contre la mucoviscidose) : le miglustat, la roscovitine ou le riociguat ;
    • molécules qui ciblent la réparation de l'ARNm.

Ces traitements doivent permettre de pouvoir traiter plus tôt les malades et les recherches visent à améliorer leur efficacité et leur tolérance.

Important : de nouveaux traitements anti-infectieux (ALX-009), mucolytiques et anti-inflammatoires (Anabasum et Acebilustat notamment) sont également en cours de développement.


Pour aller plus loin



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