/ / /

Examens

/

Épreuves fonctionnelles respiratoires

Épreuves fonctionnelles respiratoires

Sommaire HAUT

Épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR)

Écrit par les experts Ooreka

Les explorations ou épreuves fonctionnelles respiratoires, dont l'abréviation commune est EFR, permettent de quantifier la capacité respiratoire d'un patient. Elles consistent à mesurer les volumes d'air qui pénètrent dans les poumons et qui en ressortent (volumes pulmonaires), ainsi que la vitesse de circulation de l'air dans les bronches (débits bronchiques).

Les EFR sont prescrites pour deux objectifs principaux :

  • Évaluer l'impact respiratoire des maladies pulmonaires chroniques (diagnostic, sévérité et pronostic).
  • Suivre la fonction respiratoire au cours de l'évolution d'une maladie respiratoire chronique connue et traitée.

EFR : les indications

Les EFR sont des examens simples, indispensables pour le médecin dans de nombreux contextes :

  • Établir un diagnostic chez un patient se plaignant de symptômes respiratoires (essoufflement) ou présentant des facteurs de risque comme le tabac.
  • Suivre l'évolution des maladies respiratoires chroniques (BPCO, asthme, insuffisance respiratoire) et d'affections dégénératives neurologiques (sclérose en plaques (SEP), sclérose latérale amyotrophique (SLA)) ou musculaires (myopathies) touchant la fonction respiratoire.
  • Évaluer les difficultés respiratoires et notamment l'aptitude au travail (médecine du travail), comme apprécier la capacité respiratoire d'un sportif de haut niveau.
  • Réaliser le bilan préopératoire avant une chirurgie thoracique ou avant toute chirurgie chez une personne atteinte d'un déficit respiratoire.
  • Surveiller la fonction respiratoire des personnes exposées à des contaminants aériens d'origine environnementale (particules fines) ou professionnelle (amiante, silice).
  • Dépister de manière précoce des maladies respiratoires.

Une EFR est par exemple recommandée chez toute personne âgée de plus de 32 ans, fumeuse ou ex-fumeuse, avec une toux chronique.

AndreyPopov / Getty

La préparation aux EFR

Cet examen prescrit par un médecin ne nécessite aucune préparation particulière, ni anesthésie. Il n'est pas nécessaire d'être à jeun. En revanche, il faut éviter de fumer avant les EFR.

Dans la mesure du possible, il est préférable d'éviter de prendre des médicaments inhalés (bronchodilatateurs) dans les 12 à 24 heures précédant les EFR. Un minimum de 4 heures est requis depuis la dernière prise.

Il n'y a pas de risque particulier ni de contre-indication absolue à la réalisation des EFR. Certaines circonstances doivent cependant être signalées au médecin au moment de la prescription ou juste avant l'examen :

  • une infection ORL dans les 3 dernières semaines ;
  • la prise de certains médicaments ou d'oxygène (débit et durée journalière du traitement) ;
  • des antécédents de pneumothorax, d'accident vasculaire cérébral (AVC), d'infarctus du myocarde ou d'anévrisme ;
  • la réalisation récente de certains examens (fibroscopie bronchique) ;
  • des problèmes de santé particuliers (épilepsie, hypertension artérielle, problèmes dentaires) ;
  • des allergies ;
  • une grossesse car elle peut modifier les résultats des EFR.

Déroulement d'une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR)

Les techniques utilisées

Les EFR sont effectuées dans un cabinet libéral de pneumologie ou dans un service hospitalier de pneumologie. En fonction de chaque patient, le médecin choisit parmi un ensemble de techniques celle(s) à mettre en œuvre :

  • La mesure des volumes pulmonaires et des débits bronchiques par la spirométrie ou la pléthysmographie corporelle totale sont les deux techniques les plus utilisées en routine.
  • La mesure des gaz du sang au moyen d'une prise de sang détermine les quantités d'oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang.
  • La mesure de la capacité de transfert de l'oxyde de carbone.
  • Les épreuves d'exercice ou épreuves d'effort évaluent la fonction respiratoire au cours d'un effort physique.
  • Le cathétérisme cardiaque droit est réservé aux patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP).

La spirométrie et la pléthysmographie corporelle totale sont les techniques d'EFR les plus utilisées au quotidien.

L'examen

Dans le cas de la pléthysmographie corporelle totale, le patient est assis sur une chaise ou dans une cabine spécifique. Son nez est bouché grâce à une pince pour éviter les fuites d'air par le nez, un embout souple muni d'un filtre antimicrobien est placé dans la bouche du patient, le reliant à l'appareil qui enregistre les mesures.

Après avoir inspiré au maximum, l'EFR consiste à souffler le plus vite et le plus fort possible à travers l'embout buccal pour vider les poumons. Au cours de cette expiration forcée, l'appareil mesure différents paramètres, qui sont traités par un ordinateur sous forme de chiffres et de courbes.

Après plusieurs expirations forcées, les résultats du patient sont comparés à la norme (résultats qui seraient obtenus chez une personne en bonne santé, du même âge, de même corpulence et de même sexe). Totalement indolore, l'examen dure entre 10 et 45 minutes selon le nombre d'exercices.

Bon à savoir : Parfois, un test de réponse aux bronchodilatateurs, appelé également test de réversibilité, est effectué pour évaluer l'intérêt d'un traitement bronchodilatateur sur les symptômes respiratoires du patient. À la demande du médecin, le patient inhale, au cours de l'examen, un médicament bronchodilatateur en aérosol (béta-2-mimétique ou anticholinergique). Les EFR sont répétées 10 à 60 minutes plus tard pour déterminer l'effet de l'aérosol.

Interprétations des EFR

Pendant la phase d'expiration forcée, l'appareil mesure différents paramètres de volume pulmonaire et de débit bronchique qui sont ensuite comparés à des normes théoriques (valeurs obtenues pour une personne en bonne santé du même âge, de même taille, de même sexe et de même poids).

Les résultats des EFR
Paramètres Notations Définitions
Capacité pulmonaire totale CPT Volume gazeux présent dans le poumon à la fin d'une inspiration complète
Volume expiratoire maximal en 1 seconde VEMS Paramètre calculé
Volume courant VT Volume gazeux inspiré ou expiré au cours d'un cycle ventilatoire
Capacité vitale CV Volume gazeux mobilisé entre l'inspiration complète et l'expiration complète
Capacité résiduelle fonctionnelle CRF Volume gazeux présent dans le poumon et les voies aériennes à la moitié de l'expiration
Volume de réserve expiratoire VRE Volume maximal qu'il est possible d'expirer à partir du volume courant
Volume de réserve inspiratoire VRI Volume maximal qu'il est possible d'inspirer à partir du volume courant
Volume résiduel VR Volume gazeux restant dans le poumon à la fin d'une expiration complète (volume non mobilisable)

Les valeurs obtenues permettent de qualifier et de quantifier la fonction respiratoire du patient, afin de mettre en évidence selon les cas :

  • un syndrome restrictif (diminution des volumes pulmonaires) ;
Le syndrome restrictif
Stades Valeur de CPT / normale
Discret > 80 %
Modéré 70 à 80 %
Sévère 50 à 70 %
Très sévère < 50 %
  • un syndrome obstructif (obstruction des bronches) ;
Le syndrome obstructif
Stades Valeur de VEMS / normale
Discret > 80 %
Modéré 50 à 80 %
Sévère 35 à 50 %
Très sévère < 35 %
  • un syndrome mixte (association d'un syndrome restrictif et d'un syndrome obstructif) ;
  • une distension ou hyperinflation :
    • statique : cas du patient présentant un emphysème au repos ;
    • dynamique :
      • active : cas de l'asthme (l'inspiration débute avant la fin de l'expiration) ;
      • passive : cas de la BPCO lors d'une exacerbation ou d'un exercice physique.

L'analyse précise des EFR permet au médecin d'identifier et de caractériser les troubles respiratoires du patient, afin de mettre en place le traitement nécessaire.


Pour aller plus loin



Tatie Jeanine n’aura plus le dernier mot

En vous inscrivant, profitez en exclu de nos services gratuits :

(Promis, on ne vous spammera pas)

OK
Surveillez votre boite mail, vous allez bientôt recevoir notre newsletter !