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Parmi les maladies des poumons les plus sévères figure l'embolie pulmonaire. Elle s'attaque à la capacité de respirer du patient, tout comme d'autres maladies comme la bronchopneumopathie chronique obstructive, la pneumonie ou la tuberculose pulmonaire.

Définition de l'embolie pulmonaire

L'embolie pulmonaire est une obstruction d'une artère pulmonaire ou d'une de ses branches par un caillot de sang (thrombus).

Le plus souvent, ce caillot provient d'une phlébite (thrombose veineuse) des membres inférieurs, notamment du mollet. Le fragment du caillot se détache de la veine où il s'est formé et est emporté jusqu'au cœur par le flux sanguin. De là, la pression artérielle va le déplacer dans les artères pulmonaires et les artérioles, plus étroites, où il va rester bloqué.

Cette obstruction des artères pulmonaires entraîne des lésions au poumon puisque celui-ci n'est plus correctement alimenté en sang. De plus, l'oxygène n'est plus suffisante pour l'ensemble du corps.

Embolie pulmonaire : des symptômes essentiellement respiratoires

L'embolie pulmonaire entraîne essentiellement des troubles respiratoires avec :

  • une douleur thoracique (d'un côté seulement) qui est accentuée au cours de la phase d'inspiration ;
  • une dyspnée (difficulté à respirer) ;
  • une toux sèche et parfois des crachats sanguinolents.

Une équipe de chercheurs français suspecte aussi des embolies pulmonaires d'être en cause dans la forte hypoxie observée chez certains patients atteints de COVID-19. Les résultats de l’angioscanner ont révélé une embolie pulmonaire aiguë chez 23 % d’entre eux. « Dans les cas les plus graves, l’incidence de l’embolie pulmonaire dépasse les 50 % », précise le Pr Delabrousse qui a dirigé l’étude du service de radiologie du CHU de Besançon.

Il s'agit toutefois d'embolies particulières car elles ne proviennent pas d’une thrombose veineuse des membres inférieurs mais de petites obstructions veineuses diffuses (micro-thromboses), localisées à un niveau périphérique. C'est donc un angioscanner destiné à déceler ces éventuelles micro-embolies qu'il faudrait réaliser chez les patients atteints par le COVID-19 présentant des difficultés respiratoires.

D'autres symptômes peuvent être associés en fonction de l'importance de l'embolie :

  • des vertiges ;
  • des palpitations cardiaques ;
  • une cyanose (bleuissement de la peau et des extrémités) ;
  • une angoisse (au sens somatique du terme).

À l'examen clinique, on retrouve :

  • une chute de la tension artérielle ;
  • un pouls accéléré ;
  • des veines saillantes ;
  • une douleur au niveau du foie, celui-ci étant anormalement volumineux ;
  • une hypoxie (manque d'oxygène dans le sang) ;
  • un électrocardiogramme assez caractéristique.

Diagnostic de l'embolie pulmonaire

Le diagnostic d'embolie pulmonaire est facilement confirmé par une scintigraphie pulmonaire qui permet de mettre en évidence la mauvaise irrigation d'une partie du poumon.

Toutefois, il est possible d'éviter d'utiliser un test irradiant pour diagnostiquer une embolie en ayant recours à la règle PERC (pour Pulmonary Embolism Rule-Out Criteria). Cette procédure, approuvée par les directives européennes et associée à un très faible risque d'échec, se base sur 8 critères cliniques simples :

  • une saturation artérielle en oxygène de 94 % ou moins ;
  • une fréquence cardiaque d'au moins 100/min ;
  • un patient âgé d'au moins 50 ans ;
  • un œdème à une jambe ;
  • une hémoptysie ;
  • un traumatisme récent ou une intervention chirurgicale ;
  • un antécédent d’embolie pulmonaire ou une thrombose veineuse profonde (TVP) ;
  • un traitement par œstrogènes.

Cette procédure possède plusieurs avantages, notamment la réduction de plus de 30 minutes du temps de passage aux urgences et du taux d’admission à l’hôpital.

Par ailleurs, on a aujourd'hui davantage recours à l'angioscanner.

Facteurs de risque de l'embolie pulmonaire

Les embolies pulmonaires vont être favorisées par :

  • Les lésions des vaisseaux : traumatismes ; séquelles d'intervention chirurgicale ; varices ; chimiothérapie (ou autres traitements) ; infection d'une paroi veineuse, etc.
  • Les immobilisations prolongées, suite à une fracture de la jambe, au cours d'un long trajet en avion par exemple ou chez les personnes grabataires.
  • Les troubles de la coagulation sanguine : troubles héréditaires entraînant une hypercoagulabilité du sang ; en lien avec une grossesse ou la prise d'un contraceptif.
  • Les insuffisances cardiaques et respiratoires.
  • Le Foramen Ovale Perméable (FOP), une anomalie cardiaque qui concerne 25 % des adultes et qui se caractérise par la persistance d'une ouverture de la cloison située entre les deux oreillettes (risque d'embolie pulmonaire augmenté uniquement en cas de thrombose veineuse).
  • Certains traitements de biothérapie, notamment le Xeljanz® (tofacitinib) que l’Agence européenne des médicaments déconseille chez les patients à risque de thrombose (à la dose d’entretien de 10 mg 2 fois par jour).

Embolie pulmonaire : un traitement efficace

L'embolie pulmonaire peut être mortelle, certaines même foudroyantes. Un traitement rapide est donc indispensable. Il consiste à administrer un anticoagulant (héparine) par injection sous-cutanée afin de dissoudre le caillot. Le patient est soulagé en quelques heures seulement. Dans les cas déjà graves, une intervention chirurgicale (embolectomie) est nécessaire.

Pour prévenir les récidives, notamment chez les personnes alitées, les patients doivent prendre un traitement de plusieurs mois à base de comprimés d'anti-vitamines K. Le port de bas de contention est également conseillé pour améliorer la circulation sanguine dans les membres inférieurs.