Bronchite bactérienne

Écrit par les experts Ooreka
 

La bronchite bactérienne est une bronchite due à une infection bactérienne. Elle survient majoritairement dans trois circonstances :

  • Une bronchite aiguë : les bactéries sont rarement impliquées d'emblée dans une bronchite aiguë.
  • Une surinfection bronchique : les bactéries surinfectent une bronchite virale. Ces surinfections sont rares chez les personnes en bonne santé, mais elles sont assez fréquentes chez les patients atteints de pathologies respiratoires.
  • La bronchite bactérienne récidivante et prolongée : la bronchite bactérienne évolue lentement vers une bronchite chronique, lorsque la bactérie reste dans l'arbre respiratoire à l'issue des épisodes de bronchite aiguë.

Bronchite bactérienne : le type de bactéries concerné

La flore commensale des voies aériennes supérieures

Au niveau des voies aériennes supérieures, dans la salive et les fosses nasales, vivent naturellement des bactéries dites commensales. Cette flore commensale est normalement inoffensive pour l'organisme et se compose ainsi :

  • au niveau de la salive :
    • des streptocoques autres que Streptococcus pneumoniæ ;
    • Neisseria sp. ;
    • des bactéries anaérobies ;
  • dans les fosses nasales :
    • Staphylococcus epidermidis ;
    • des corynébactéries.

Ces bactéries protègent l'organisme de l'entrée des bactéries pathogènes extérieures dans les voies aériennes supérieures puis inférieures. Cependant, des bactéries pathogènes parviennent à franchir cet obstacle et à coloniser l'arbre bronchique.

Généralement, ces bactéries pathogènes commencent par provoquer une infection des voies aériennes supérieures avant d'induire une infection bronchique.

À noter : l'infection des bronches par les bactéries pathogènes peut également faire suite à une bronchite virale qui a fragilisé l'arbre respiratoire.

Ces bactéries pathogènes sont essentiellement :

  • Streptococcus pneumoniæ (pneumocoque), Streptococcus pyogenes (streptocoque du groupe A) ;
  • Staphylococcus aureus ;
  • Hæmophilus influenzæ ;
  • Moraxella catarrhalis ;
  • Neisseria meningitidis (méningocoque).

Différentes bactéries en cause selon le contexte

La bronchite aiguë est très majoritairement une bronchite virale. Dans de rares cas, la bronchite aiguë est d'emblée bactérienne. Elle est alors souvent le résultat d'une infection par les bactéries Bordetella pertussis (bactérie responsable de la coqueluche), Mycoplasma pneumoniæ et Chlamydia pneumoniæ

Le plus souvent, la bronchite bactérienne est une surinfection de bronchite virale, favorisée par le déficit immunitaire local temporaire créé par les virus. Les bactéries généralement impliquées dans ces surinfections sont : Streptococcus pneumoniæ (pneumocoque), Hæmophilus influenzæ, Moraxella catarrhalis, Pseudomonas æruginosa et moins fréquemment Staphylococcus aureus et des entérobactéries.

Bon à savoir : les surinfections touchent le plus souvent des sujets fragiles atteints de pathologies respiratoires chroniques (asthme, mucoviscidose, BPCO, etc.). Les bactéries sont alors souvent résistantes à plusieurs antibiotiques. Cette résistance résulte des nombreux traitements antibiotiques prescrits à ces patients au fil des années.

Les caractéristiques de la bronchite bactérienne

L'infection des bronches par une bactérie engendre :

Même si la bronchite bactérienne est souvent moins contagieuse que la bronchite virale, le risque de contagion reste réel lors d'une bronchite bactérienne.

Les mesures de prévention de la transmission restent indispensables, notamment lors de la présence d'une personne fragile ou à risques dans l'entourage d'une personne malade :

  • le lavage du nez, des mains et des objets ;
  • l'utilisation de mouchoirs jetables à usage unique ;
  • le port d'un masque.

La bronchite bactérienne peut durer plus longtemps que la bronchite virale par un phénomène de persistance de la bactérie dans l'arbre respiratoire. La bronchite peut alors devenir récidivante, la même infection bactérienne provoquant plusieurs épisodes aigus de bronchite au cours de l'hiver. La bronchite bactérienne peut ainsi évoluer lentement vers une bronchite chronique, en lien avec la persistance d'un foyer bactérien respiratoire.

À noter : la bronchite bactérienne reste une pathologie très souvent bénigne, mais avec un risque accru de complications pulmonaires (pneumopathie).

Diagnostic et traitement de la bronchite bactérienne

La bronchite bactérienne aiguë

Le diagnostic de la bronchite bactérienne est difficile lorsque la bronchite est d'emblée bactérienne. Les symptômes du malade sont souvent très proches de ceux de la bronchite virale. Seuls quelques signes peuvent aiguiller le médecin vers une origine bactérienne de la bronchite :

  • une fièvre souvent plus élevée (supérieure à 38,5 °C) ;
  • des symptômes particulièrement importants ;
  • l'aspect particulier des crachats.

Cette difficulté dans le diagnostic engendre souvent un retard de diagnostic. Parfois l'origine bactérienne de la bronchite restera inconnue, si le malade guérit sans traitement.

La surinfection bactérienne

La bronchite bactérienne est souvent le résultat d'une surinfection de bronchite virale qui se matérialise par :

  • une persistance des symptômes de bronchite au-delà d'une semaine ;
  • une aggravation soudaine des symptômes quelques jours après le début de la bronchite ;
  • l'apparition de nouveaux symptômes notamment respiratoires ;
  • une altération importante de l'état général du malade (forte fièvre, fatigue, malaises, troubles digestifs).

Une consultation médicale est alors nécessaire pour s'assurer du diagnostic. Les examens complémentaires ne sont pas toujours indispensables pour identifier la bactérie en cause. L'examen cytobactériologique des crachats (ECBC) est réservé à certains cas particuliers. Cet examen est en effet complexe à interpréter, en raison du risque important de contamination des prélèvements par la flore commensale.

La question des antibiotiques

La bronchite bactérienne ne nécessite pas toujours de traitement antibiotique. En règle générale, les antibiotiques sont réservés aux patients atteints de pathologies respiratoires chroniques (mucoviscidose, BPCO avec insuffisance respiratoire chronique).

Cependant, le médecin peut être amené à prescrire des antibiotiques dans certains cas particuliers, par exemple pour limiter le risque de complications pulmonaires chez les sujets fragiles (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées) ou à risque (patients atteints de pathologies chroniques).

De même, les antibiotiques peuvent s'avérer nécessaires lorsque les symptômes de la maladie persistent au-delà de la durée normale de la bronchite.

Une forme particulière de bronchite bactérienne : la coqueluche

La coqueluche est une forme atypique de bronchite bactérienne très contagieuse, transmise par contact direct entre des personnes.

La coqueluche peut toucher les enfants comme les adultes. Cette maladie est potentiellement grave chez certaines catégories de personnes (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées), voire mortelle chez les nourrissons de moins de 6 mois. En cas de persistance d'une toux suspecte, le risque de coqueluche est systématiquement évalué par le médecin.

À noter : la bactérie responsable de la coqueluche est Bordetella pertussis.

Symptômes

Les principaux symptômes de la coqueluche sont :

  • une phase d'écoulement nasal spécifique pendant 2 semaines ;
  • une toux persistante sur une durée supérieure à une semaine avec des quintes de toux caractéristiques ;
  • une absence de fièvre assez fréquente.

Vaccin

Le statut vaccinal des personnes est étudié par le médecin. Le vaccin contre la coqueluche est obligatoire pour les bébés depuis le 1er janvier 2018. Il sera couplé au DTP (diphtérie tétanos poliomyélite), à l'Haemophilus Inflenzae b et à l'hépatite B. Il rentre dans le cadre de l'obligation vaccinale pédiatrique qui comprend également le ROR (rougeole, oreillons, rubéole), le méningocoque C et les pneumocoques.

Aucune sanction n'est prévue pour les parents d'un enfant non-vacciné mais celui-ci ne sera pas admis en collectivité : les contrôles auront lieu à partir du 1er juin 2018. Les enfants nés avant le 1er janvier 2018 ne sont pas concernés par cette réforme.

Toutefois, le vaccin ne permet pas une protection pour la vie et des rappels à l'adolescence et à l'âge adulte sont nécessaires pour maintenir la protection.

Remarque : actuellement, les cas de transmission en France concernent surtout des jeunes adultes qui n'ont pas reçu de rappel vaccinal et qui risquent de transmettre la coqueluche à des nourrissons avant leur vaccination.

Complications

La coqueluche présente plusieurs risques de complications, notamment chez les jeunes enfants :

  • des pneumopathies ;
  • des affections neurologiques (des convulsions, des encéphalites qui sont des inflammations du cerveau).

Après confirmation du diagnostic par un examen biologique (prélèvement sanguin), la prise en charge de la coqueluche impose un traitement antibiotique à la fois de la personne malade, mais aussi de toutes les personnes de son entourage proche, qui n'ont pas reçu de rappel vaccinal au cours des 5 années précédentes.


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