Bronchite aiguë

Écrit par les experts Ooreka

 

La bronchite aiguë est une pathologie très fréquente avec environ 10 millions de cas diagnostiqués en France chaque année. Dans la très grande majorité des cas, la bronchite aiguë est d'origine infectieuse et reste une pathologie bénigne. Elle s'oppose à la bronchite chronique par la soudaineté et la durée des symptômes.

Plusieurs formes de bronchite aiguë

Différents termes sont utilisés pour désigner des formes particulières de bronchite aiguë, en fonction de l'âge des sujets ou des contextes de survenue de la maladie :

  • La bronchite aiguë chez le bébé est indissociable d'une bronchiolite.
  • La bronchite aiguë peut se présenter sous plusieurs formes chez le bébé et le jeune enfant : une bronchite dentaire lors des poussées dentaires ; une trachéo-bronchite ; une trachéo-laryngo-bronchite ;
  • La bronchite asthmatiforme est une bronchite aiguë avec des symptômes proches de l'asthme.
  • La bronchite spastique est la bronchite aiguë du sujet asthmatique.
  • La coqueluche est une forme particulière de bronchite aiguë.
  • L'exacerbation de bronchite chronique est une forme particulière de bronchite aiguë, survenant chez le bronchitique chronique.

Les causes de la bronchite aiguë

Les bronchites aiguës sont très largement d'origine infectieuse. Les agents infectieux responsables des bronchites aiguës sont nombreux et de nature variable :

  • des virus dans 50 à 90 % des cas provoquant une bronchite virale ;
  • des bactéries dans moins de 10 % des cas provoquant une bronchite bactérienne :
    • une bactérie dite atypique (Mycoplasma pneumoniæ ou Chlamydia pneumoniæ) chez les personnes en bonne santé ;
    • Bordetella pertussis, responsable de la coqueluche, chez les personnes en bonne santé ;
    • des bactéries résistantes aux antibiotiques chez les personnes atteintes de bronchite chronique (entérobactéries, Staphylococcus aureus, Pseudomonas æruginosa, Acinetobacter sp., etc.) ;
  • des champignons de manière exceptionnelle (champignons du genre Aspergillus) à l'origine d'une bronchite fongique ;
  • parfois une co-infection par un virus et une bactérie.

Plus rarement, la bronchite aiguë ne résulte pas d'une infection. Elle est alors provoquée par d'autres facteurs, notamment environnementaux : le froid ; des allergènes ; la pollution atmosphérique ou industrielle ; le tabac ; des fumées ; des produits chimiques (ammoniaque, chlore).

Ces bronchites aiguës non infectieuses touchent généralement des personnes atteintes de pathologies respiratoires spécifiques (asthme, mucoviscidose, BPCO, etc.).

La contagion et la prévention de la bronchite aiguë

Les bronchites aiguës surviennent principalement au cours de l'automne et de l'hiver. Ces maladies sont très contagieuses et se transmettent de deux manières :

  • par contact direct entre les personnes ;
  • indirectement par des objets souillés.

La prévention de la bronchite aiguë vise à réduire la transmission de la maladie pour diminuer l'importance des épidémies et pour éviter la transmission aux sujets fragiles ou à risques de complications. La prévention repose sur plusieurs aspects :

  • des mesures générales d'hygiène pour limiter la transmission :
    • le lavage des mains et des objets ;
    • le lavage du nez ;
    • l'utilisation de mouchoirs jetables à usage unique ;
    • l'aération et/ou l'humidification des chambres ;
    • le port de masque en présence d'une personne fragile ou à risque ;
  • la lutte contre les facteurs déclencheurs ou aggravants :
    • le tabagisme actif et passif ;
    • la pollution atmosphérique ;
  • le traitement systématique des infections des voies aériennes supérieures chez les sujets fragiles ou à risque ;
  • la prévention vaccinale contre la grippe et les infections à pneumocoque chez les personnes atteintes de bronchite chronique.

Les symptômes de la bronchite aiguë

L'inflammation des bronches et des bronchioles au cours de la bronchite aiguë provoque un certain nombre de symptômes caractéristiques :

  • La toux : Initialement sèche, elle évolue après quelques jours en toux grasse dans la moitié des cas. Cette toux peut persister 2 à 3 semaines, voire perdurer pendant 3 mois, temps nécessaire à la cicatrisation complète des lésions bronchiques.
  • Des douleurs thoraciques faisant penser à une brûlure s'associent à la phase de toux sèche.
  • Des expectorations (crachats), en quantité plus ou moins importante, apparaissent avec la toux grasse. Les expectorations peuvent être de couleur et de texture variables.
  • La fièvre est inconstante et souvent modérée (< 38,5°C).
  • Les signes respiratoires sont rares chez les personnes en bonne santé, alors que des râles bronchiques sont souvent présents chez les bronchitiques chroniques.

Bon à savoir : La durée de la bronchite aiguë n'excède pas en général une dizaine de jours, même si la toux peut persister quelques semaines. La durée de la bronchite peut être allongée chez les fumeurs et les bronchitiques chroniques. 

Le diagnostic de la bronchite aiguë

L'origine infectieuse de la bronchite peut être démontrée par des prélèvements et des analyses de crachats : L'examen cytobactériologique des crachats (ECBC) est rarement pratiqué pour démontrer une origine virale, hormis dans le cadre d'études épidémiologiques, or il est parfois utile pour déterminer la bactérie en cause dans une bronchite bactérienne.

Remarque : l'ECBC est souvent difficile à interpréter en raison du risque important de contamination des prélèvements par des bactéries de la flore commensale. 

En règle générale, le médecin ne prescrit pas d'examens particuliers devant des symptômes classiques de bronchite aigüe chez une personne en bonne santé.Il prescrit des examens complémentaires s'il soupçonne une autre infection plus sérieuse ou si le patient présente des facteurs de risques :

  • une radiographie thoracique ou un scanner peut permettre de détecter une pneumopathie associée.
  • des examens sanguins peuvent être utiles pour le diagnostic de certaines infections (sérologies).

Le traitement de la bronchite aiguë

De manière générale, la bronchite aiguë est une maladie bénigne qui guérit spontanément en quelques jours. Le traitement de la bronchite aiguë est donc relativement simple :

  • Un traitement médicamenteux n'est pas obligatoire de façon systématique.
  • Les antibiotiques sont la plupart du temps inutiles et inefficaces. Ils n'agissent ni sur la durée, ni sur la survenue de complications de la bronchite. Les antibiotiques ne sont prescrits d'emblée que chez les patients atteints de bronchite chronique avec insuffisance respiratoire chronique. Ils peuvent par ailleurs être prescrits au cas par cas lors de surinfection bactérienne.
  • Les médecines douces (homéopathie, phytothérapie et aromathérapie) constituent un traitement adapté ou un complément de traitement intéressant pour les bronchites aiguës bénignes.
  • Les remèdes de grand-mère sont également nombreux contre les symptômes de la bronchite aiguë bénigne.

En cas de doute sur le diagnostic ou d'aggravation de la maladie, une consultation médicale peut être utile. Chez les sujets fragiles ou à risque, une prise en charge médicale est conseillée.

Les complications de la bronchite aiguë

Chez les sujets fragiles (bébés et jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées) et les sujets à risques (patients atteints de pathologies chroniques graves), la bronchite aiguë peut parfois présenter des complications :

  • une atteinte pulmonaire provoquant une pneumonie ou une pneumopathie ;
  • une surinfection bactérienne ;
  • une insuffisance respiratoire aiguë chez les patients atteints de pathologies respiratoires ou chez les personnes très âgées.

Outre le risque de complications, la bronchite aiguë peut récidiver plusieurs fois au cours de l'hiver chez les sujets fragiles, notamment chez les personnes atteintes de pathologies respiratoires chroniques. Lorsque le nombre de récidives devient important, la bronchite devient récidivante et peut évoluer vers une bronchite chronique. La bronchite aiguë récidivante est une situation fréquente, rencontrée dans différents contextes :

  • Elle peut être liée à un facteur environnemental (tabagisme, pollution).
  • Elle peut être associée à l'existence d'un foyer infectieux chronique au niveau de la sphère ORL et/ou de l'estomac.
  • Elle peut révéler l'existence d'une pathologie chronique respiratoire :
  • Plus rarement, elle peut mettre en évidence l'existence d'une pathologie non respiratoire :
    • un reflux gastro-œsophagien sévère et non traité ;
    • une pathologie cardiaque ;
    • un déficit immunitaire ;
    • un alcoolisme.

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