Bronchopneumopathie chronique obstructive

Écrit par les experts Ooreka

La bronchopneumopathie chronique obstructive fait partie des maladies des poumons, au même titre que, par exemple, l'embolie pulmonaire, l'emphysème pulmonaire ou la pneumonie.

 

 

Qu'est-ce-que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO, est une pathologie pulmonaire chronique qui se traduit par une diminution irréversible du calibre des bronches. Due à une inflammation des bronches, cette pathologie va en s'aggravant et devient rapidement invalidante.

Elle est liée à :

  • la déformation des bronches et des alvéoles, lesquelles vont perdre leur souplesse ;
  • la destruction des fines membranes qui séparent les alvéoles les unes des autres ;
  • l'épaississement des voies aériennes, ce qui entraîne leur obstruction ;
  • une production excessive de mucus.

Facteurs favorisant la BPCO

La première cause de cette maladie des poumons est le tabac (y compris le tabagisme passif). Celui-ci est en effet responsable de 80 % des BPCO.

D'autres origines et facteurs favorisants peuvent être mentionnés :

  • la pollution atmosphérique ;
  • l'environnement professionnel pour les personnes exposées à la poussière ou aux produits chimiques ;
  • les antécédents d'infections pulmonaires.

Bon à savoir : selon l'Inserm, la consommation de charcuterie favorise l'asthme et la BPCO.

Symptômes de la BPCO

Longtemps asymptomatiques (sans symptômes), les bronchopneumopathies chroniques obstructives se manifestent vers l'âge de 40 ans.

Symptômes de la BPCO

Les BPCO se traduisent après 40 ans par des symptômes respiratoires tels que :

  • une toux devenant de plus en plus chronique (toux du fumeur) ;
  • des expectorations ;
  • un essoufflement (dyspnée) à l'effort puis, progressivement, même au repos ;
  • des infections bronchopulmonaires fréquentes.

Mais, les symptômes retrouvés ne sont pas exclusivement respiratoires puisque 50 % des personnes touchées présentent également des troubles anxieux et 33 % des troubles dépressifs qui s'observent à différentes périodes au cours de la maladie.

Ces problèmes ne sont pas anodins puisqu'ils :

  • aggravent la dyspnée ;
  • dégradent la tolérance à l'effort ;
  • majorent les sensations de fatigue ;
  • augmentent l'instabilité émotionnelle et nuisent à l'observance du traitement ;
  • favorisent les conduites à risque vis-à-vis de la santé ;
  • altèrent la communication avec les soignants.

De fait, les patients doivent se rendre plus souvent à l'hôpital.

Attention : il est important que le personnel soignant ne banalise pas ces symptômes en les mettant sur le compte d'un trouble de la personnalité inhérent au patient, à l'évolution naturelle de la maladie ou au vieillissement.

Stades

La gravité de l'essoufflement permet de déterminer le stade de la BPCO :

  • Au stade 0, l'essoufflement n'apparaît qu'en cas d'efforts importants et prolongés.
  • Au stade 1, l'essoufflement survient au cours d'une marche rapide.
  • Au stade 2, l'essoufflement est présent au cours de la marche normale, même en terrain plat.
  • Au stade 3, l'essoufflement nécessite un arrêt après seulement quelques minutes de marche afin de reprendre son souffle.
  • Au stade 4, l'essoufflement apparaît au moindre effort.

Les stades sont affinés et complétés par la spirométrie, un test permettant d'évaluer la capacité respiratoire du patient (en volume d'air expiré par seconde). Plus le volume expiré est faible et plus il faut de temps pour l'expirer, plus la BPCO est grave.

Cet examen est le plus fiable pour détecter les bronchopneumopathies chroniques obstructives. Il permet de les classer selon leur gravité.

Traitement contre la BPCO

Le traitement de la BPCO consiste à permettre au patient de recouvrer une meilleure capacité respiratoire.

Voici les actions qui peuvent être mises en place pour favoriser cela :

  • Supprimer les facteurs favorisant la BPCO, notamment le tabac, et limiter les expositions aux polluants dans le cadre professionnel.
  • Prendre des antibiotiques. Ils peuvent se révéler nécessaires pour lutter contre les infections.
  • Par ailleurs, un traitement médicamenteux à base de bronchodilatateurs (bêta-2-mimétiques) est instauré. Il permet de dilater les bronches afin de faciliter la ventilation en cas d'essoufflement. Il peut être nécessaire de le prendre de façon quotidienne si la BPCO est grave. Dans les stades les plus sévères (allant de modérés à graves), et en traitement de troisième intention, on peut associer des corticoïdes aux bronchodilatateurs. Toutefois, cela reste un traitement purement symptomatique qui ne permet pas de ralentir l'évolution de la maladie.
  • Une oxygénothérapie peut se révéler nécessaire en cas de BPCO extrêmement sévère. Elle est mise en place lorsque le patient n'est plus capable de s'oxygéner convenablement de façon naturelle.
  • Ces traitements peuvent s'accompagner de séances de kinésithérapie respiratoire. Les exercices proposés permettent de muscler le patient afin de lui permettre de mieux s'oxygéner, notamment au cours d'un effort.
  • Pour traiter les problèmes cognitivo-affectifs tels que les troubles anxieux et dépressifs, c'est l'activité physique qui donne les meilleurs résultat avec une diminution de 15 % du risque de dépression et de 10 % du risque de développer des troubles anxieux.

Pour aller plus loin



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